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Depuis plus de trois décennies, ARCAD Software accompagne les grandes organisations dans l’évolution de leurs applications critiques. Philippe Magne, son PDG, revient sur une aventure née dans l’univers spatial, à la croisée de la technologie, de la fiabilité et de l’humain.

ARCAD Software : rapprocher le digital et le legacy pour sécuriser les transformations les plus critiques

Depuis plus de trois décennies, ARCAD Software accompagne les grandes organisations dans l’évolution de leurs applications critiques. Philippe Magne, son PDG, revient sur une aventure née dans l’univers spatial, à la croisée de la technologie, de la fiabilité et de l’humain.
Raphaëlle Camus
Raphaëlle Camus
Customer Success Manager Associée chez
trustfolio
trustfolio
philippe MAGNE
philippe MAGNE
CEO chez
ARCAD Software
ARCAD Software
mardi 1 septembre 2026

Bonjour Philippe, pouvez-vous vous présenter et revenir sur les origines d’ARCAD Software ?

Je suis [ARCAD Software] philippe MAGNE , PDG d’ARCAD Software.

Mon parcours a commencé chez Capgemini en 1985, après un DUT d’informatique. Très vite, j’ai été envoyé en mission en Guyane, au Centre spatial guyanais. Cette expérience a été déterminante : j’y ai poursuivi mon parcours pendant plusieurs années, notamment comme responsable qualité.

C’est dans cet environnement particulièrement exigeant que le logiciel à l’origine d’ARCAD Software est né. Nous travaillions sur des applications critiques, comme la gestion des autorisations d'accès aux différents sites de la base spatiale. Il fallait répondre à des impératifs de qualité/fiabilité et de sécurité extrêmement élevés. L’univers spatial m’a profondément marqué : dans un satellite, le logiciel est aussi essentiel que le matériel. La qualité logicielle ne peut donc pas être une option.

J’ai ensuite créé ARCAD Software en 1992 afin d’assurer, en accord avec le CNES, la continuité et le développement du produit. Les premières années ont été très entrepreneuriales : j’ai démarré seul, dans mon garage, et il a fallu du temps avant que l’entreprise ne prenne véritablement son envol. À partir de 1997, nous avons accéléré, notamment grâce à des outils capables d’automatiser la transformation du code à l’approche de l’an 2000. Cette période a ouvert la voie à des projets d’envergure.

Comment ARCAD Software s’est-elle structurée au fil de son développement ?

Aujourd’hui, nous sommes 120 collaborateurs et nous avons gardé une organisation qui reflète la diversité de notre métier. Environ un tiers des équipes travaille sur les fonctions commerciales, marketing et administratives ; un autre tiers sur la R&D ; et le dernier tiers sur le consulting et le support.

Notre maison mère est installée à Annecy, mais nous avons fait très tôt le choix d’une organisation internationale et distribuée. Beaucoup de nos collaborateurs travaillent à distance depuis différentes régions françaises et du monde, parce que nos expertises sont pointues et que nous voulons recruter les meilleurs profils, où qu’ils soient.

Nous disposons également d’une filiale aux États-Unis, d’une équipe importante en Inde et d’une présence à Singapour pour accompagner l’Asie-Pacifique. Près de 60 % de nos revenus proviennent de l’international. Nous sommes une PME globalisée, avec une culture très forte et une vraie capacité à intervenir sur des projets complexes partout dans le monde.

Quelle est aujourd’hui la mission d’ARCAD Software ?

Le fil conducteur de nos différentes activités, c’est le Devops, le development, security and operations (DevSecOps). Nous aidons les entreprises à industrialiser la fabrication, l’évolution et le déploiement de leurs logiciels, depuis le développement logiciel jusqu’à leur mise en production.

Notre particularité est de faire le lien entre deux univers souvent traités séparément : le digital et le legacy. Les grandes organisations possèdent des systèmes historiques qui font tourner leur activité depuis des décennies, notamment dans la banque, l’assurance, le transport, la logistique ou la distribution. Ces systèmes sont écrits en COBOL ou RPG, mais ils restent au cœur de processus essentiels, avec une stabilité et une Sécurisation des Données indispensables.

Nous ne pensons pas qu’il faille faire disparaître ces environnements. Ils constituent souvent le socle le plus fiable d’une entreprise. Notre rôle consiste plutôt à leur apporter les méthodes et les outils modernes du Devops, pour permettre aux équipes de travailler avec plus de fluidité, de rapidité et de cohérence.

Concrètement, nous rendons possible la gestion synchronisée des évolutions applicatives dans des architectures hybrides, qui associent data centers et cloud. Nous sécurisons les mises en production, afin que les changements apportés aux applications ne fragilisent jamais les services métiers.

[ARCAD Software] Franck Boughériou @Rexel France

Pourquoi la transformation DevOps est-elle aussi un enjeu humain ?

On résume souvent le Devops à des technologies ou à des outils. Pourtant, les outils ne sont qu’une partie de l’équation. Pour moi, le Devops repose sur trois piliers : les personnes, les processus et les outils. Les processus et les outils sont généralement les éléments les plus simples à faire évoluer ; la dimension humaine est la plus exigeante.

Historiquement, les équipes de développement cherchent à livrer davantage et plus rapidement, tandis que les équipes d’exploitation ont pour mission d’assurer la stabilité. Ces objectifs peuvent sembler opposés. Le DevOps permet précisément de créer les conditions d’une collaboration plus fluide entre ces univers.

Dans les grandes organisations, ces transformations impliquent un véritable changement culturel. Nous apportons donc une expertise technique, mais aussi une capacité à accompagner les équipes dans cette évolution progressive. C’est ce qui rend notre métier passionnant : nous sommes à la fois dans la technologie, dans l’organisation et dans l’humain.

Qu’est-ce qui différencie ARCAD Software sur son marché ?

Notre différence repose avant tout sur notre profondeur technologique, construite depuis plus de trente ans, et sur notre proximité avec les clients. Nous évoluons sur un marché de niche, avec une forte barrière à l’entrée : il faut beaucoup de temps, de recherche et développement (R&D) d’expérience pour maîtriser les problématiques auxquelles nous répondons.

Nous sommes en concurrence avec de grands acteurs, souvent américains, mais notre modèle est différent. Là où certains privilégient de très lourds investissements commerciaux et marketing, nous avons toujours choisi d’investir dans la R&D et dans l’accompagnement client. Je résume parfois notre approche ainsi : nous sommes plus proches de la haute couture que du prêt-à-porter.

Cela signifie que nous savons adapter nos solutions à des contextes précis, maintenir des compatibilités indispensables et intervenir au plus près des besoins. Cette exigence crée une relation de long terme avec nos clients. Certains nous font confiance depuis quinze, vingt, voire trente ans, parce que nous avons su les accompagner à chaque étape de leurs évolutions technologiques.

Notre signature, Breaking Barriers, traduit bien cette ambition : casser les barrières entre le digital et le legacy, entre les équipes de développement et d’exploitation, mais aussi entre les générations de développeurs.

Quels types d’organisations accompagnez-vous le plus souvent ?

Nos clients sont principalement de grandes organisations, avec des équipes de développement importantes et des applications métiers très critiques. Le secteur de la banque et de l’assurance représente une part essentielle de notre activité, mais nous intervenons également dans le retail, la logistique, le transport et auprès d’éditeurs de logiciels.

Dans la distribution, par exemple, les systèmes de gestion d’entrepôts sont souvent centraux pour l’activité. Ils fonctionnent en continu et sont très étroitement liés à l’organisation de l’entreprise. Les remplacer intégralement représenterait un risque considérable. Il faut donc être capable de les faire évoluer sans interrompre leur fonctionnement.

Les éditeurs de logiciels constituent aussi une cible particulièrement intéressante pour nous. Lorsqu’un éditeur adopte notre technologie, c’est une reconnaissance forte de notre expertise. Cela permet également d’accompagner ses propres clients, qui combinent souvent une solution standard et des développements spécifiques. Nous les aidons alors à mesurer les impacts des évolutions et à industrialiser des mises en production coordonnées.

Y a-t-il des projets qui illustrent particulièrement votre savoir-faire ?

Le projet mené avec Orange est l’un de ceux dont je suis le plus fier. Nous avons accompagné la modernisation d’une application critique liée à la gestion des mobiles professionnels. C’est une application qui traite notamment les informations nécessaires à la facturation des communications : son niveau de criticité était donc très élevé.

Après l’arrêt d’un précédent projet de sortie de plateforme, Orange nous a confié une transformation complète. Le projet a duré dix-huit mois. Nous avons réduit le volume de code de vingt à dix millions de lignes, mis en place une chaîne Devops moderne et préparé l’application à accueillir de nouvelles générations de développeurs.

Le résultat est particulièrement marquant : le projet a été livré sans dépassement et sans anomalie lors de la mise en production. Dans un environnement où une erreur peut avoir des conséquences très importantes, c’est une réussite dont nous sommes très fiers.

Nous intervenons également sur des projets internationaux de très grande ampleur. Avec HSBC, nous accompagnons la gestion du build et du déploiement d’applications de banque de détail déployées dans 65 pays. Ce type de projet nous donne une visibilité forte sur les enjeux mondiaux du Devops et ouvre aujourd’hui des perspectives de co-construction autour de l’intelligence artificielle.

Quelle place la satisfaction client occupe-t-elle chez ARCAD Software ?

La satisfaction client est l’un de nos facteurs clés de succès. Ce n’est pas un sujet que nous avons ajouté a posteriori : c’est un état d’esprit profondément ancré dans l’entreprise.

Nos solutions sont très spécialisées. Lorsqu’un client sollicite le support, c’est généralement parce qu’il fait face à un problème complexe, qui demande de trouver « l’aiguille dans la botte de foin ». Nous devons donc disposer de spécialistes capables de comprendre rapidement l’environnement du client et d’apporter une réponse pertinente.

Cette attention se retrouve à tous les niveaux : dans la fiabilité de nos produits, dans la qualité de nos services professionnels, dans la disponibilité de nos équipes et dans notre capacité à écouter. Nous voulons construire une relation de confiance durable, pas simplement répondre à une demande ponctuelle.

Notre SUMMIT annuel à Annecy est l’une des illustrations concrètes de cette volonté. Nous y invitons nos clients et l’ensemble de nos collaborateurs. C’est un temps de rencontre, d’échange et de partage d’expérience. Les équipes support peuvent y rencontrer les personnes qu’elles accompagnent au quotidien ; la relation gagne alors naturellement en compréhension et en humanité.

Quel retour client vous a particulièrement marqué ?

Je pense notamment au projet Orange. Un membre important de la direction est venu spécialement à Annecy pour rencontrer nos équipes et porter le projet auprès de son comité de direction. Dans notre métier, cette confiance est essentielle : les clients nous confient des applications tellement critiques qu’ils doivent accepter de prendre une décision engageante.

C’est aussi ce qui a marqué nos grandes collaborations, y compris avec HSBC. Lorsqu’une grande organisation choisit ARCAD Software, elle ne choisit pas seulement une solution technologique. Elle choisit une équipe capable de comprendre ses contraintes, de sécuriser son activité et de s’engager dans la durée.

La confiance se gagne projet après projet. Elle se construit avec des clients qui savent prendre des risques calculés, et avec des équipes capables de les accompagner avec rigueur.

Comment abordez-vous l’intelligence artificielle dans vos métiers ?

L’intelligence artificielle est un sujet majeur, mais il faut l’aborder avec pragmatisme. Nous sommes parfois interrogés par des entreprises qui se demandent si l’IA ne pourra pas faire, à elle seule, tout ce que nous faisons. Notre conviction est plutôt que la combinaison entre IA et méthodes déterministes sera la plus efficace.

Pour des systèmes critiques, il est nécessaire de conserver de la maîtrise, de la traçabilité et de la prévisibilité. L’IA peut apporter des capacités nouvelles, mais elle doit s’appuyer sur une fondation solide. C’est là que notre expertise trouve tout son sens : nous pouvons apporter les méthodes, les outils et le cadre qui permettent à l’IA d’être utilisée de façon utile, maîtrisée et économiquement pertinente.

Nous travaillons notamment sur des projets de co-construction qui visent à intégrer l’IA dans les environnements legacy et Devops. L’enjeu n’est pas de remplacer l’expertise humaine, mais d’augmenter l’efficacité des équipes tout en préservant la fiabilité des systèmes.

Quelles sont vos ambitions pour la suite ?

Nous voulons poursuivre notre croissance, consolider notre position sur cette niche de long terme et continuer à accompagner des organisations qui ont besoin de faire évoluer leurs systèmes sans prendre de risques inconsidérés.

Il existe encore beaucoup d’entreprises qui pourraient bénéficier de notre technologie et de notre expertise. Notre partenariat avec Kyndryl est également un levier important : il peut nous aider à apporter un support local dans davantage de pays, tout en conservant notre exigence de qualité.

Nous avons notamment de belles opportunités en Amérique latine, mais aussi dans d’autres régions où les grandes entreprises cherchent à moderniser leurs environnements critiques. Notre défi est de conserver cette capacité à intervenir avec un très haut niveau d’expertise, tout en nous développant à l’international.

Si vous deviez résumer ARCAD Software en une phrase ce serait quoi ?

Si je devais résumer ARCAD Software en une phrase, je dirais que c’est une belle aventure technologique et humaine.

Nous sommes partis de zéro pour devenir une entreprise internationale de 120 personnes. Rien de tout cela n’aurait été possible sans des collaborateurs talentueux, engagés et convaincus par un projet commun.


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Raphaëlle Camus

Customer Success Manager Associée

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philippe MAGNE

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