Grand Format : L'Eldorado du financement

Bonjour Adrien, peux-tu m’expliquer ce que c’est Eldorado ?

Adrien Chaltiel : Eldorado a pour mission de faciliter le financement des startups en digitalisant la mise en relation entre startups et investisseurs.

Les investisseurs peuvent accéder au dealflow le plus complet de startups en levée de fonds.  

Pour les entrepreneurs, via notre plateforme, nous mettons à leur disposition l’ensemble  des sources de financements publics et d’investisseurs privés.

Pour les investisseurs, cela leur permet d’accéder au dealflow le plus complet de startups en levée de fonds. Le + : ils peuvent trier le dealflow en fonction de leur thèse d’investissement (secteur, montant, série, etc)

Au moment où on parle on estime qu’il y a 1 000 à 1 300 sociétés innovantes qui lèvent des fonds.

Eldorado est né de la continuité d'un premier projet : Les Pépites Tech. Thibaut, Sylvain et moi-même, les trois co-fondateurs, avons en effet créé plusieurs sociétés avant et notamment Les Pépites Tech, cet l’annuaire officiel de la mission French Tech.

 

Le schéma simplifié de la mise en relation par Eldorado.

Pourquoi t'es tu lancé dans ce projet ?

A.C. : Je me suis pris de passion pour l’investissement après avoir cédé mes premières sociétés et je suis devenu Business Angel. En investissant, je me suis rendu compte que pour beaucoup de personnes que la difficulté était :

• De trouver les acteurs du financements : Identifier les financements auxquels on est éligible, prendre contact avec eux et les obtenir.

• Pour les investisseurs en capital, d’identifier toutes les sources actives à l’instant T, de les comprendre leur thèse d’investissement et de prendre contact avec eux.

A partir de là, on s’est dit qu’on allait créer une base de données des investisseurs qui existent en France.

De manière générale nous ne travaillons qu’avec des investisseurs professionnels (de par leur métier) ou des Business Angels.

Par quel bout on prend un problème comme ça ?

A.C. : En créant cette base de données, on s’est dit qu'on n’allait pas s’arrêter aux investisseurs, mais qu’on voulait aussi mettre toutes les sources de financements publiques qui existent en France.

Beaucoup d’entrepreneurs ne savent pas quelles sont les sources de financement publique qui existent, à quoi ils sont éligibles et comment accéder à ce financement.

Notre ADN par rapport à nos clients c’est de dire qu’un entrepreneur qui lève moins de 1 millions d’euros (moins qu’une série A ) n’a pas besoin de se faire accompagner par un leveur ou un prestataire. 

Il n’a pas besoin de donner un pourcentage, il a besoin d’un outil simple et efficace qui le mette en relation avec des investisseurs de manière exhaustive. On a créé des outils engageants qui font matcher les projets avec les ressources adaptées. 

On a l’ambition d’être une plateforme de financement européenne.

C’est pour cela qu’aujourd’hui on commence déjà à référencer les fonds corporates étrangers qui investissent dans la tech française.

Ça donne envie, qu'est ce que vous cherchez chez une entreprise ?

A.C. : Que ce soit sur l’annuaire des Pépites Tech ou Eldorado, on vérifie simplement 4 critères pour nous assurer du caractère innovant de l'entreprise :

• Première condition : la société soit existante, on ne met pas les sociétés en devenir.

• Deuxième condition : ça doit être une startup avec un seuil de croissance élevé et un modèle scalable et réplicable.

• Troisième condition : la startup doit proposer un service innovant.

• Quatrième condition : La startup doit être en recherche de financements qu’il soit public, privé ou bancaire.

Quelles sont les fonctionnalités de la plateforme Eldorado ?

A.C. : Pour les startups, on facilite l'organisation de leurs levées de fond et on les met en relation avec des investisseurs, grâce à :

Une recherche algorithmique de toutes les sources de financement.

Un CRM de suivi de levée de fonds qui permet de savoir qui a vu son profil, qui a ouvert ses documents, etc.

Un outil de reporting qui sortira prochainement.

Du côté des investisseurs, le marché a évolué. 

Maintenant, les investisseurs sont en compétition, et veulent être identifiés rapidement par les startups rentrant dans leurs thèses d’investissement.

Nous voulons qu’Eldorado soit un outil du quotidien pour les investisseurs. C’est pourquoi, nous leur permettons :

• d’accéder facilement à toutes les Startups de la French tech. On a cet avantage non négligeable d’avoir un annuaire très complet.

• de suivre et gérer les candidatures qu’ils ont eu via la plateforme de façon automatisée et fluide.

• d’aider les startups de leur portefeuille à optimiser leur financement grâce à notre référencement de dispositifs non-dilutifs.

• et bientôt, de gérer leur portfolio avec un scouting automatisé qui leur sera offert.

Qui se cache derrière Eldorado ?

A.C. : Alors je vais commencer avec ce qu’on a pas : on a pas de Sales.

On a des gens qui travaillent sur deux angles. Le premier regroupe produit/fonction/data donc les fonctionnalités et les aspects techniques du produit. On a un Product Owner, un CTO qui est l’un des associés, et une troisième personne qui travaille sur la data. Ils sont épaulés par 5 développeurs off-shore.

L’autre angle c’est la partie opération géré par un autre associé, Sylvain, qui permet de fluidifier toutes les opérations, le suivi des informations de notre CRM... On a 5 personnes qui bossent sur l'optimisation des engagements des communautés comme rappeler aux investisseurs de se reconnecter, savoir qui a regardé son profil, etc…

On a enfin 5 Business Analysts. Ils viennent notamment de la BPI, de grands fonds ou leveur de fonds reconnus, et ils nous ont rejoint pour digitaliser cette activité. Leur métier est double chez Eldorado : accompagner les mises en relations automatiques entre entrepreneurs et investisseurs, tout en les conseillant. 

En effet, nous sommes aussi une banque d’investissement qui accompagne des entrepreneurs sur des financements à partir de la série A parce qu’on part du postulat qu’on a pas besoin de payer pour se faire accompagner sur des demandes moins complexes.

Combien il-y a t’il d'utilisateurs sur Eldorado ?

A.C. : L’important pour nous c’était d’avoir une base d’investisseurs massive donc on a compilé plus de 3 500 sources de financement. En direct ou via des partenariats.

Cela nous a permis de constituer la plus grosse base de données de levée de fonds en France.

Du côté des startups, on a 1000 inscrits sur la plateforme mais l’idée c’est d’en avoir beaucoup plus sur la longueur, car les Pépites tech c’est 9 000 références. Et il y a 2500 à 3000 nouvelles startups par an en France donc cette masse se renouvelle et nous sommes en constante mise à jour.

Et comment fais tu pour attirer les startups ?

A.C. : Aujourd’hui on a acquis cette masse de startup simplement par du marketing. On a fait aucun travail d'optimisation (SEO, acquisition ou conversion), ça sera pour l’horizon 2019.

On les a attiré par de la communication institutionnelle, des articles que je publie sur medium des articles de médias, etc… Ce qui nous a permis d’acquérir des utilisateurs qui ont testé les premières fonctionnalités de la plateforme et qui nous ont aidé à terminer cette version 1.

Comment tu t’assures que vos clients sont satisfaits ?

A.C. : Une de nos 4 valeurs principales est la satisfaction de nos clients. La mesurer nous aide à vérifier 2 choses : le product market fit sur les fonctionnalités qu’on a créé, ou qu’on voudrait créer avec les utilisateurs et que nous assurons le meilleur suivi possible sur la plateforme.

Les 150 premiers utilisateurs ont tous eu un call avec une des personnes de l’équipe expliquant la vision Eldorado, comment ça se passe, pourquoi on le fait et leur expliquer les prochaines étapes. Ensuite on a fait beaucoup d’évangélisation, de mails et on a créé des sondages spécifiques pour les beta testeur qui nous permettaient d’avoir un retour qualitatif.

Toutes les équipes ont un meeting par semaine que l’on appelle le Go To Market (GTM) qui permet de centraliser les users feedbacks qu’on a collectivement. 

Chaque membre de l’équipe de la partie produit ou finance appelle deux fondateurs de startup par semaine pour faire remonter des insights et on a eu plutôt des avis positifs. Le projet lui-même était très bien accueilli et il rendait techniquement compte de ce qu’on disait : c’est quelque chose qui n’existait pas avant et qui n’existe toujours pas ailleurs et qui leur permet d’avoir tout de suite quelque chose des résultats.

En revanche comme on a un produit itératif, souvent la frustration des utilisateurs est liée principalement par des fonctionnalités encore non existantes qui étaient, par exemple, la mise en relation avec les investisseurs qui n‘était pas encore ouverte. On a géré cette frustration en communiquant bien avec les utilisateurs et en leur apportant du contenu.

Comment tu te sers de Trustfolio (anciennement PrestaShare) ?

A.C. : On a utilisé les avis clients qu’on a déjà principalement en interne. On s’attache à une politique de 100% de satisfaction et c’est la logique que j’insuffle à mon équipe : un entrepreneur heureux a 10 amis entrepreneurs et sur ceux là il y en a 9,5 qui lèvent des fonds donc ce sont des utilisateurs potentiels de la plateforme. De la même manière, les investisseurs en connaissent d’autres et ils s’échangent des deals.

Nous devons avoir un maximum de satisfaction client car ce sera sûrement un outil d’acquisition externe pour prouver nos notes sur les différents réseaux sociaux. On va insister travailler sur cette stratégie car on commencera à être limité sur les recherches Google.

Ton plus gros challenge à venir ?

A.C. : M’assurer de l’engagement des investisseurs sur la plateforme : qu’ils l’utilisent régulièrement, que ce ça leur soit utile, qu’ils répondent aux demandes des entrepreneurs qui les sollicitent et savoir pourquoi s’ils ne le font pas.

A moyen terme, on veut mettre en avant les startups françaises mais aussi de plus en plus à l’international, on sortira à ce moment là une version anglaise de notre site.

De l’autre côté, les startups françaises qui veulent aller à l’étranger et dans les zones géographiques/HUB qu’elles visent vont pouvoir être mise en relation de la même manière avec des investisseurs sur la plateforme.

Enfin le graal pour nous ce serait d’avoir des startups étrangères et des fonds étrangers dans les prochains mois !

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